Perdu dans les méandres de la pensée rigolardo-misanthrope qui me titille une fois par semaine, lorsqu'il me prend, comme une envie de repeindre la cave de la maison, de regarder une de ces émissions de reportages qui met en scène avec pudeur et dignité la vie dissolue de tel ou tel adolescent-de-34-ans-ayant-du-mal-à-trouver-l'âme-soeure-parce-qu'il-vit-chez-ses-parents-et-que-merde-ça-va-bien-comme-ça-je-vais-pas-en-plus-faire-mon-repassage, je me disais justement que je ne comprenais pas bien ce qu'il se passe dans la société moderne.
Alors que certains tardent à quitter le douillet nid familial parce qu'ils préfèrent "mettre de côté" sur les bons conseils de Papa, d'autres ont acquis indépendance et dettes depuis belle lurette. Que faire ? Quand on a un salaire moyen, des envies, des besoins, des obligations ? Epargner, emprunter, rembourser... un cycle qui n'en finit jamais.
Et si encore, ce n'était qu'un problème d'oseille.
Enfants, travail, travaux, auto, moto, domicile, assurances, banque, famille sont autant de sujets qui peuvent vous retourner la situation et le cerveau (1) en un éclair.
Du coup, on en vient à penser que la vie c'est dur ; la vie c'est de la merde ; la vie, c'est compliqué.
La vie pour moi, c'est un torrent. Déchaîné, à sec, boueux, jonché de cadavres ou de troncs, pollué, générateur de vie, calme et lancinant. C'est tout ça à la fois. Dur, et sale. Beau et fort. "Ce qui ne te tue pas te rendra plus fort" (2), ben oui, si tu te bats pas, cher lecteur, tu restes une lopette qui subit son existence.
Se battre c'est quoi ? Je n'ai malheureusement pas de réponse plus pertinente et universelle que celle que je vais te narrer, mon ami. En tout cas c'est une réponse.
Je me bats chaque fois que je ressens de la colère, de la frustration, de l'indignation.
Je me bats dès que quelqu'un que j'aime est en danger.
Je me bats quand je crois en quelque chose.
Je me bats pour défendre mes idées (même, et surtout les foireuses).
Je me bats pour que la médiocrité abrutissante perde du terrain.
Je me bats parce que je sais que je réaliserai mes rêves, peu importe le temps que cela prendra.
Je me bats pour que mes enfants comprennent la valeur du combat.
Travailler, ne jamais se retourner, ne pas être jaloux, toujours penser aux siens. Ne jamais s'oublier, et oublier d'où l'on vient.
(1) : et paf, paye ton zeugma.
(2) : c'est pas moi qui le dis, c'est Nietzsche (à vos souhaits)
OST : Leæther Strip, l'excellent album Fætish









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